Un choix ailé
28/06/2007 13:31 par toutsurmoi
Un cœur douloureux ne souhaite pas la mort, mais l’arrêt définitif de la vie.
Ce cœur ne veut plus se battre.
A-t-on le droit de forcer une douleur à rester ? Peut-on réellement entretenir un mal ?
Oui, on le peut. Cela relève d’un sadisme inconscient. Et pourtant, c’est ce que nous faisons généralement.
Un cœur battant lentement, mais toujours, vous montre qu’il ralentit, juste parce qu’il a mal ; que faites vous ?
Vous lui dites de continuer de battre et se battre afin de rythmer les couleurs de la vie.
On ne comprend vraiment rien.
Une vie nous dit qu’elle souffre, et nous lui donnons pour seul réponse de vivre.
Quelle suggestion…
Et puis de toute façon ça « passera »…
Ca passera… une expression rassurante, que l’on emploie en en oubliant le sens.
Depuis quand savons nous que le mal d’un être, d’une âme, s’évaporera ?
C’est une violation des temps que d’affirmer un futur inconnu.
Une vie qui a mal au cœur, ou plutôt un cœur qui a mal à la vie, ne doit pas rester sur terre.
Il doit juste se sentir pousser des ailes afin de se savoir en apesanteur et en osmose avec l’atmosphère.
Une fois les ailes présentes, on ne peut les arracher.
Les dix coups frappent. Vérification de dernière minute avant le grand jeu. On me vide de ce qu’il y a enfoui en moi pour affronter la scène.
C’est parti, la pièce commence. Tout est déjà écrit, mais on a l’impression d’improviser. C’est toujours la même pièce mais joué différemment.
Tout n’est que décor, acteur, rôle. Mensonge et dérision sont au rendez-vous. Caricature, ou encore fausseté pur, tout n’est qu’éphémère.
On rit, on pleur, on vit, on meurt.
Métro, Boulot, Dodo. Un rituel qui n'a rien de spirituel. On s’éveille en direction du travail, qui ensuite, nous suit pendant les trois car de notre vie.
Puis on s’avance vers le sommeil éternel qu’est le remède de l'avant mort.
Je n’aime pas ce mode de vie. Dans ce cas, c’est la vie que je n’aime pas.
Fermeture du rideau
François
19/06/07
Non, Je suis désolé, mais je ne peux pas continuer seul. Ou en tout cas pas tant que tu ne me l’aura pas di.
Je marche toujours sur ton chemin, et prend un raccourci qui m’amène juste derrière toi.
Tu marche seul, et je vois que tu n’as pas cédé à ce sentier que je jugeais risqué.
Tu es dos à moi. Tu ne m’as pas encore vu.
Je marche sur une branche, accidentellement, ce qui émet un craquement qui brise le silence. Tu accélères sans te retourner, pour te cacher derrière un arbre.
Pourquoi me fuis-tu ?
J’attends un peu.
Peut être qu’à un moment tu voudras me voir…
Je sens que je ralenti ta course. Je me sens donc obligé de te voir.
S’il te plait, montre moi encore ces terres, parles moi, dis moi quelque chose, n’importe quoi. Je remarque ce même sourire. Pourquoi tu ne me regardes pas ?...
Je dois prendre ça pour une réponse négative ?...
Je te laisse partir. Après ce petit tournant, là bas, je te vois disparaître.
Me voici de nouveau seul.
Je reprends mon raccourci dans le sens inverse pour reprendre le chemin afin de ne rien rater.
François
25/06/07
Une seconde suffit pour douter
Une seconde permet aussi de donner une réponse qui peut changer la vie d’un cœur.
Des secondes les unes derrières les autres représentent des minutes.
Une minute est de trop pour un homme sur le bucher
Une minute suffit pour briser deux cœurs amoureux
Les minutes les unes derrières les autres représentent des heures.
Une heure pour une naissance, ça parait interminable
Une journée de vacance c’est court
Ensuite nous avons les semaines, les mois. Les mois d’une année. Une année de vie. L’histoire.
Ce temps peut même être écourté. Des milliers de choses se passent en une seconde. Les secondes de la vie
François
23/06/07
Nord, Sud, Est, Ouest.
Sur Terre ce ne sont que des repères inventés par l’homme. L’Est et l’Ouest reviennent au même. Allez à l’Ouest, toujours tout droit, et vous vous retrouverez au point de départ en arrivant de l’Est. Idem pour le Nord et le Sud.
Le mieux pour ne pas perdre le Nord est d’aller dans l’espace, là bas, il n’y a même pas de Sud…
François
Le train suit son chemin quotidien guidé de ce trajet ferreux. Je suis dans l’un de ses wagons. En tête. Quelques places sont encore vides.
Une femme, en face de moi, à ma diagonale, regarde les gares se suivre et poursuivre à travers la vitre rayée de tag. Elle pense. Oui mais à quoi ? Elle a un but si elle est dans ce wagon. Surement rentrer chez elle tout simplement. Pourquoi cette femme est-elle assise en face de moi ? Pourquoi elle ? Elle aurait pu être n’importe qui.
Des hommes et des femmes montent et descendent de ce train gare après gare. Et oui, ils vivent eux aussi.
Certains hommes rentrent chez eux. Leur femme les attend. Le dîner sera surement prêt. D’autre vont en soirée, peut être.
Ou alors chez des amis. Ou sinon ils partent au travail, qui sait ?
Certain sont en pleine dépression, et attendent de rentrer chez eux pour sortir une bouteille d’on ne sait quoi, et pleurer. Peut être qu’une personne du wagon dans lequel je suis mourra ce soir. On ne sait pas ce qu’ils veulent faire, leur but, leur destination.
Un des hommes s’est endormi. Lunettes de vue, costard, cravate. Il tient un bouquet de fleurs avec lui. Il fête peut être son anniversaire de mariage.
A ma droite une jeune femme écoute de la musique. Elle rentre peut être dans son petit studio, qu’elle paye difficilement, grâce à un petit job dans un fastfood.
La femme qui était en face de moi, et l’homme avec son bouquet descendent du train.
Moi je vais au terminus. La fin du voyage.
Tous ces gens se croisent tous les jours et s’en fiche. Ils ne pensent même pas que les autres gens ont également une vie. Non ils n'y pensent pas.
Pour eux, ils ne font que partie du décor de la voie des transports.
Encore un texte inutile, mais il fallait bien que je m’occupe moi aussi dans ce train...
François
23/06/07
Mon ange déchu, s’il te plait, ne me laisse pas.
Je disais pouvoir continuer ce chemin seul, mais je ne pourrais pas. Je sens que ça sera top dur.
Je ne sais pas comment affronter ces mensonges et ces absurdités que représentent la vie. Sans toi, je ne pourrais pas allez bien loin.
Un ange passe. Rien n’est éternel, mais j’ai besoin que ta présence le soit. Non, juste encore un peu.
Je pensais qu’une semaine serait suffisante.
Montres moi, parles moi encore un peu. Guides moi. J’en ai besoin.
Je sais que toi tu es déjà bien loin. Je ne te demande pas de faire marche arrière, juste de me faire pousser des ailes, pour que je puisse m’envoler vers toi.
Impossible ?
Laisse la trace de tes pas, que je puisse les suivre en marchant dedans. Je suivrais la route de l’ange déchu. Je pourrais voir tes faux pas et lorsque tu trébucheras. J’éviterais de faire de même.
J’ai peur d’emprunter de mauvais sentiers.
Mon ange déchu, ma voie, ma penser, ma boussole.
Le plus fou est que tu ne t’en rends même pas compte. Je ne te connais pas et pourtant… J’ai besoin de toi encore un peu.
Je sais que moi je ne pourrais rien d’apporter de ce que tu as déjà.
Envoie une lumière, quelque chose, n’importe quoi. Tu t’éloignes. Tes pas se recouvrent de terre et de sable. Éclaire-moi encore, que je puisse au moins voir la direction que je dois suivre. Tu es trop loin. Non ne m’oublie pas. Je ne sais même pas si tu m’entends encore...
Je ne suis qu’une page de ton histoire. Je vais donc devoir continuer tout seul.
Tu t’éloigne encore.
Non où vas-tu ? Tu prends un mauvais sentier. Regarde il est mal éclairé, on ne voit rien. Qu’est-ce que tu fais ? Tu vois bien que tu y a déjà mi les pieds. Tu es déjà passé par là, et tu en es ressorti détruit.
Fais moi des signes que je vois que ton cœur et ton corps respirent encore.
Le fait que je te sache prêt me suffirait à avancer.
Penses à moi. Laisse ma page dans ce chapitre de ton histoire.
C’est bon, je suis prêt. Je me prends la main pour aller vers d’autre lendemain
François
24/06/07
J’ai maintenant honte
Honte de ne pas être à la hauteur
De ne pas te comprendre
Ne pas réussir à te valoir
Pas de précipitation
Pouvoir te connaitre
T’apporter mes sentiment encore trop jeune
Ce ne sont ni amour, ni passion
Que je ressens, mais simplement de l’admiration
Tu dégages une présence que j’aime
Mérites, bonheur, rêve, toi, je ne sais pas si j’ai droit à tout ça
François
10/06/07
Quand rien ne nous arrive, on voit la vie d’un ton rose pal. Tout va bien et on ne se souci pas des malheurs, ou plutôt de la réalité des choses.
Si la douleur, la souffrance, et la vérité frappent, ça fait mal. Si ces choses sont trop fortes, ou se répètent, on se sent obligé de mettre une couverture. Elle doit être fine pour pouvoir l’enlever de temps en temps, mais assez épaisse pour qu’elle puisse nous protéger. Plus on a mal, et plus on se sent bien sous cette couverture,
Pourquoi en mettre une. Pour se donner un nouveau reflet. Se cacher. Comme les enfants lors d’une nuit de cauchemars. Ils ont peur. Nous aussi on a peur. Peur d’avoir mal.
La souffrance a grandie et la couverture s’est épaissie. Elle change de matière, et devient armure. Elle devient même masque. On change d’image pour ne plus souffrir.
On se sent bien. Trop bien. On pense l’être. On se retrouve emprisonné dans cette armure. On arrive plus à s’en débarrasser.
Comment redevenir soit ? On est plus nous même, et on souffre au cœur de cette prison. Mais les gens ne le voient pas. Ils aperçoivent seulement ce reflet que l’on s’est donné. Il est si beau et respire le bonheur.
Mais personne entend la détresse qui hurle au plus profond de ce corps étranger.
François
16/06/07